GTD versus Gestion du Temps

Je rencontre beaucoup de gens, essentiellement dans le contexte professionnel, avec lesquels j’ai l’occasion de présenter la méthode GTD.
Invariablement, la question est posée, explicitement ou implicitement :

Mais quelle est la différence avec une formation sur la gestion du temps et la gestion des priorités ?

Évidemment les différences sont nombreuses et de tailles.
Pour vous, quels seraient les arguments principaux de la réponse à une telle question ?

Hello @Jean-Luc
Pas facile comme question. C’est marrant parceque lorsque mes potes m interrogent sur la méthode tres souvent il me la posent plus ou moins comme ça (certains me disent "qu’est ce que ça t’apporte… " :rofl:

Si je suis dans de bonne disposition et que je les sens sincères je rentre dans les détails et leur explique qu’une méthode de gestion du temps c’est fait pour optimiser son temps et éventuellement ses priorités. Mais que GTD ça va au dela par le contrôle et la perspective. C’est une sorte de carte routière et une serie d’habitudes (je ne parle pas de méthode) qui donne des outils pour (re)prendre le contrôle de ta vie dans tous ses aspects (aussi bien personnels que professionnels) pour les taches, les projets, qui permet aussi (contrairement à la simple gestion du temps ou/et des priorités) la réalisation des objectifs à court, moyen et long terme…)"

Je leur dit aussi que ça a changé ma vie, que je leur conseille de lire le livre mais de s’armer de courage et de patience car apprendre GTD ça se mérite ! (c’est honnêtement une des méthodes les plus complexe que j’ai rencontré, mais ça je ne leur dit pas pour ne pas les décourager; sauf s’ils me le demandent :smile: " même si certain ont plus de facilités que d’autres ou on eu la chance d’y 'être formés :joy::joy::joy:… )

Difficile d’en dire plus. Je pense qu’il est pratiquement impossible d’expliquer à un non pratiquant les bienfaits et ce qu’est GTD. Pour moi, c’est un peu comme la foi. C’est d’abord une expérience de vie step by step.

Et puis DA à travers GTD a donné un cadre et après c’est à nous d’alimenter la machine et ça dépend de chacun, qu’on tombe, qu’on se relève mais que c’est la vie…

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D’accord avec toi @francois, la question est à la fois simple dans sa formulation mais pas si évidente que ça dans sa réponse. En tous cas, l’argumentaire qu’on peut apporter n’a pas toujours pour effet de convaincre même lorsque celui-ci est clairement exposé.

En préambule, j’aime toujours à rappeler que la « gestion du temps » ça n’existe pas. Comme le dit David Allen, si on a 3 heures devant nous on ne peut pas les gérer de manière à en avoir 4. Le temps est ! Ce n’est pas nous qui le gérons. https://www.gtdfrance.com/gestion-du-temps-ou-est-le-vrai-probleme/
En revanche on peut gérer ce que nous mettons dans ce temps.

Parmi les arguments qui pour moi font la différence entre GTD et « la gestion du temps », j’aurais tendance à citer :

  • Gain en clarté d’esprit
  • Diminution du stress
  • Faire face au flux incessant des sollicitations
  • Reprendre le contrôle sur ses engagements
  • Dégager intuitivement ses priorités

Par ailleurs, GTD n’est pas un ensemble de techniques ou d’outils (comme ce que propose la gestion du temps), c’est une approche méta de notre univers et de notre état interne, basée sur des principes universels qu’on peut apprendre, développer et qui imprègne tous les aspects de notre vie.

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Le présupposé de ce qu’enseigne la gestion du temps c’est qu’on peut se le créer.

« Le temps on ne l’a pas, on (se) le crée », c’est ce que j’avançais plus ou moins à ceux qui se plaignent de ne pas en avoir avant d’implémenter GTD. :nerd_face:

Au sens propre c’est évidemment faux. Nous avons tous dans la même journée les mêmes 24 heures. Cela dit, s’agissant de notre ressource la plus précieuse car limitée, il paraît raisonnable d’en faire le meilleur usage. L’intention derrière les enseignements de la gestion du temps n’est donc pas déraisonnable. Il ne me paraît pas absurde de faire de la place dans son quotidien pour ce qui a de l’importance. En ce sens, il n’y a pas en contradiction avec GTD.

Une fois qu’on se dit ça, la question est de savoir ce qui est important. À cela la discipline de la gestion du temps n’apporte pas vraiment d’éclairage. Elle nous incite à prioriser et pour ce faire définir des objectifs mais ne nous laisse pas le moindre indice pour les clarifier ni justifier qu’ils sont les bons. GTD fournit ces indices grâce aux 6 horizons.

L’autre apport des 6 horizons comparativement aux outils habituels mis en avant par la gestion du temps, c’est la granularité. La gestion du temps n’enseigne pas à distinguer clairement une prochaine action tangible, d’un ensemble de prochaines actions qui constituent un projet. Comment prioriser dans une to-do-list « Mettre en place le site web » et « Envoyer le rapport YYY à X » puisqu’il s’agit d’activités de nature différente. A coup sûr, il faudra découper « Mettre en place le site web » en plus petites étapes mais dans ce cas à quoi bon les mettre dans la même to-do-list ?

En segmentant prochaine action et revisant l’idée qu’on se fait de ce qu’est un projet GTD offre un niveau de granularité qui permet non seulement de prioriser efficacement mais aussi de s’engager. En définissant une prochaine action claire et tangible, on enlève les freins à l’exécution.

Avec la gestion du temps on se prépare à combattre ce qu’on ne peut pas modifier. On ne tient pas compte de l’instant présent et on se focalise sur un futur non maîtrisable.

Si un cataclysme se produit que je dois absolument gérer, j’aurais beau avoir bloqué du temps dans mon calendrier ou refusé toutes mes réunions ce jour là, toutes ces stratégies ne serviront à rien parce que ma priorité du moment sera d’éteindre l’incendie. À une plus petite échelle un imprévu peut devenir ma priorité du jour. Encore faut il être sûr que cette urgence doit être ma priorité. Comment s’inscrit elle dans mon axe de perspective. A quel horizon répond-elle ? Ne peut elle pas supporter d’attendre que j’ai accompli un autre de mes engagements avant d’être actionnée ?

Bloquer du temps pour l’important ne suffit pas à faire taire les interruptions et les imprévus. Il n’y a aucune technique pour prévoir ce qui ne peut l’être à notre échelle. Tout ce qu’on peut faire c’est développer des aptitudes pour savoir les gérer quand ils surviennent et s’adapter au contexte pour agir au mieux. « Mind like water ».

En ça GTD apporte la clarté d’esprit et le recul nécessaire qui facilite nos prises de décisions quant à la meilleure chose à faire à l’instant t. Ça ne veut pas dire que GTD nous dira ce qu’il faut faire mais à minima nous aidera à décider en déployant le moins d’effort de réflexion possible.

Cette clarté et son effet sur notre charge mentale vaut son pesant d’or face à la frustration que peut amener la vue d’une to-do-list dont plus de la moitié des tâches n’ont pas été accomplies.

Merci @Julian pour ces éléments complémentaires.

Effectivement, il n’y a pas vraiment de contradiction entre la « gestion du temps » et GTD.
On est juste pas dans la même catégorie.

Je suis parfois confronté à des entreprises pour lesquelles la question de charge mentale et de stress des collaborateurs est très sensible. Dans ce cas, il veulent GTD. Presque sans discuter.

Pour d’autres, au contraire, le bien vivre des collaborateurs, la clarté d’esprit, et la capacité de faire face à la surcharge chronique n’est finalement pas la priorité. Et dans ce cas, la gestion du temps leur convient.

Je ne peux toutefois m’empêcher au fond de moi de penser que les techniques de gestion du temps présentées classiquement

  • Most Important Things : les cailloux dans le bocal
  • la matrice d’Eisenhover
  • priorité A, B, C
  • etc

ne vont pas leur être suffisant…

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Pour beaucoup être productif c’est être occupé et un calendrier bien rempli suffit pour les convaincre.

Très bien dit @Julian :slight_smile:

Tout à fait exact Julian ! ça leur fait plaisir…

Bonjour à tous.

En lisant ce post je comprend maintenant que la gestion du temps n’existe pas. Effectivement il y a 24 heures pour tout le monde dans une journée. De même que le soleil brille pour tout le monde de la même façon.

Je pense que l’on peut comparer le temps à une route et la méthode GTD à un véhicule.

On ne peut pas raccourcir les distances, élargir les routes, supprimer les embouteillages. Comme on ne peut pas modifier le temps.

En revanche en voiture on peut choisir sa route en fonction de ses priorité. C’est ce que propose la méthode GTD.

On ne gère pas son temps mais ses actions en fonction de ses priorités.

Apprendre GTD c’est comme apprendre à conduire, au début c’est ni facile ni naturel . Ensuite on s’y fait et au final on applique GTD tous les jours sans y penser.

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L’erreur du commun des mortels est de croire que la gestion du temps est physiquement possible. La seule gestion du temps que je connaisse est l’ajustement des horloges atomiques de quelques secondes par année pour rester synchrone. Car oui, il dérive un peu aussi ce maudit temps.

La vraie question est pour moi la gestion de notre attention. Suis-je pro-actif, donc j’oriente mais choix de consommation de mon attention ou alors je suis passif, et là le reste de la planète s’en charge pour moi.

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Beaucoup de gens ont au départ une appréciation erronées de GTD. Ils imaginent qu’en souscrivant à la méthode ils vont en faire plus et faire tourner un peu plus vite la roue du hamster. D’autres imaginent qu’en apprenant partiellement la methode ou en l’appliquant au petit bonheur la chance, ils parviendront peut etre à faire face à leurs engagements.

Mais comme les iceberg le vrai sujet n’est pas là. Ce qui est important est caché.

Tout l’intérêt de GTD c’est l’inventaire régulier et constant de nos engagements. GTD nous oblige à mettre en balance nos choix. GTD nous met face à nos responsabilités.

Pour moi la véritable révélation est arrivée le jour où j’ai compris que ce que je mettais en contexte n’était pas un engagement impératif mais bien une proposition d’action et que cette proposition devait être exprimée le plus simplement et clairement possible.

Les horizons ont fini de compléter mon apprentissage. C’est en mettant en balance mon H2>H5 que je relativise mon action en H0

Par rapport à d’autres méthodes (qui sont parfois pertinentes) GTD à un avantage certain. C’est une collection d’habitudes qui nous amène petit à petit vers un véritable contrôle de l’incontrôlable. La vie est facétieuse et imprévisible.

Je ne dit pas que tel un acrobate dans un cirque on va rattraper grâce à GTD tous les ballons que la vie nous envoie. Je dis simplement que GTD met un certain nombre de filets qui permettent la plupart du temps de les rattraper.

Je vous confesse que je ne saurais plus travailler sans GTD. Ou plus exactement j’ai la conviction profonde et sincère que je manquerai d’efficacité et que j’augmenterai mon niveau de stress déjà trop élevé.

GTD devient tres important dans ma vie mais c’est une maitresse exigente. Elle me demande rigueur et persévérance. Imagination et travail régulier. Echange et réflexions.

Davis Allen en inventant GTD est tombé sur une pépite. Mais c’est à nous d’inventer et de développer sa méthode car en faisant cela c’est nous même que nous développons, pourvu que nous y persévérions.

Bonne question. Je trouve que GTD aide à anticiper les situations, a avoir une longueur d’avance. C’est un point important pour garder le contrôle.

Les pilotes appeler ça « être devant l’avion ».

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